A Rodez, au foyer St Pierre, l’Antenne Aveyronnaise de l’Institut Catholique de Toulouse a fêté ses 10 ans d’existence
En présence du Père Bruno Houppert, directeur de l’Antenne Aveyronnaise, de Mgr Bellino Ghirard, évêque de Rodez, du Père Pierre Debergé, recteur de l’Institut catholique de Toulouse, du Père Luc-Thomas Somme, doyen de la faculté de théologie de Toulouse, une soixantaine de personnes se sont retrouvées le vendredi 10 juin au foyer St Pierre à Rodez.
L’histoire de l’Institut catholique de Toulouse
Le 12 avril 1229 voyait la naissance de l’Université catholique toulousaine dans le cadre du traité de paix signé entre Louis IX, roi de France et Raimond VII, comte de Toulouse. Le 15 septembre 1793, soit un peu plus de cinq cents ans après sa création, un décret de la Convention la supprime. Il faudra attendre la loi du 12 juillet 1875 autorisant la création d’établissements privés d’enseignement supérieur, pour voir la réouverture sous l’impulsion des évêques de France, des universités catholiques. Celle de Toulouse verra le jour le 15 novembre 1877. Trois années plus tard, la loi Ferry du 18 mars 1880 interdisant aux établissements ouverts depuis 1875 de s’appeler universités, l’université catholique de Toulouse se rebaptise Institut Catholique de Toulouse.
L’histoire de l’Antenne Aveyronnaise de l’Institut catholique de Toulouse
Aux laïcs exprimant des besoins de formation de type universitaire, il devenait nécessaire de faire des propositions qui alliaient à la fois une forme d’enseignement correspondante aux attentes et dans un lieu géographique se situant sur le diocèse de Rodez. Sur ce point, le site de St Pierre présentait toutes les caractéristiques idéales pour devenir un lieu privilégié de recherche et d’approfondissement de la foi. Pour faire vivre ce site et le transformer en centre de formation religieuse, un projet construit conjointement par Mgr Bellino Ghirard et ses homologues des départements du Lot, du Cantal et de la Lozère a été présenté au recteur de l’époque de l’Institut catholique de Toulouse, Mgr Dupleix. Le dessein était grandiose puisque le centre d’enseignement proposait dans son programme une formation universitaire en théologie, une initiation aux grandes religions, un service de formation permanente, etc. L’accueil chaleureux de ce projet en région toulousaine permit de lancer les réflexions pour définir le statut juridique et le mode de fonctionnement, de constituer les équipes pédagogiques, le contenu des enseignements. Le Père Bernard Quintard, responsable pour la réalisation de ce projet et les différents partenaires, de réunions en réunions peaufinèrent le projet qui se concrétisa le 3 mars 1995 à 18h, jour et heure du premier cours délivré par la toute nouvelle antenne aveyronnaise de l’institut catholique de Toulouse. Certes, St Pierre n’eut pas à régler des problèmes de stationnement devant l’affluence des premiers étudiants tentés par ce nouveau temple de la formation mais petit à petit, leur nombre ne cessa et ne cesse de croître. Les statistiques le démontrent : depuis cette année 1995, 285 étudiants, 19 enseignants d’horizons très diversifiés : Marie-Thérèse Desouches, Jean-Jacques Rouchi, Jean-Jacques Péré, Georges Rieux, Elisabeth Robert de l’Institut Catholique, louis Barlet, Pierre Remise, François Durand du diocèse de Mende, Lucien Lachière-Rey, Patrick Laïssaoui, Félix Rozières et Clément Nastorg du diocèse de Cahors, Maryvonne Sérange, Jean-Pierre Cottenceau, Alain Thérondel, Bruno Houppert, Jean Rigal, Marie-Dominique Bougerol, Jacque Gleize et Claire Delmas du diocèse de Rodez. Aux étudiants, 26 thèmes leur furent proposés : 4 en philosophie, 7 en étude de la Bible, 9 en théologie, ecclésiologie et anthropologie chrétienne, 6 en histoire de l’Eglise. Porteurs de ce projet, les quatre diocèses espéraient que leurs habitants répondraient favorablement à cette initiative. Malheureusement, 96,6% des participants demeurent sur le département de l’Aveyron. Et pour 61% d’entre eux , leur résidence se situe sur le secteur ruthénois. Ouvert à toutes les catégories socioprofessionnelles, le secteur de la santé associé à celui de l’enseignement représente un tiers des étudiants. Quelques évènements ont marqué ces dix premières années d’existence de l’antenne aveyronnaise. A l’ouverture, la salle mentionnée ‘bibliothèque’ ne contenait aucun ouvrage. Ce n’est qu’au fil des années, que 5000 ouvrages prirent place sur les rayonnages. En 1998, la population des étudiants fréquentant les cours se rajeunit grâce à l’arrivée du premier groupe de jeunes qui s’accordent une année de réflexion avant de faire le choix d’une éventuelle entrée au séminaire. C’est en 1998 également que Mme Claire Delmas débuta les cours d’initiation à l’iconographie chrétienne. En 2003, le diocèse mit en place un cycle de formation fondamentale à destination des laïcs ayant des responsabilités paroissiales ou diocésaines.
C’est également au cours de cette année 2003, que le Père Martin, responsable de cette antenne, décéda après une longue période de maladie. Cheville ouvrière de l’antenne, il mit à sa disposition tous ses talents et toute son expérience d’ancien professeur de lettres classique. C’est depuis cette date, que le Père Bruno Houppert assure la direction. Rodez n’est pas un cas unique dans la décentralisation de la formation. Les diocèses de Perpignan, Bordeaux et Bayonne ont également des Antennes de l’Institut catholique de Toulouse.
La présence de l’Antenne Aveyronnaise de l’Institut catholique de Toulouse
Mgr Bellino Ghirard a remercié les responsables de l’Institut catholique d’avoir à l’origine du projet accepté de s’associer à cette entreprise de délocalisation au bon sens du terme, d’espaces de formation. Il a également souligné l’importance d’une réalisation qui permet aux chrétiens localement, de pouvoir bénéficier de temps d’enseignement de qualité universitaire. Dans notre monde actuel, les questionnements sur la foi nécessitent de lieux de recherche correspondants à celui de l’Antenne. Le Père Pierre Debergé considère que le pari fait il y a dix ans, est réussi. Chaque région a ses propres réalités. Chacun d’entre nous a des parcours de vie très différents. Oser amener des propositions de formation là où les chrétiens vivent au quotidien, c’est aller au cœur de la foi. Et puis, L’Institut catholique de Toulouse n’exporte pas uniquement des connaissances. C’est un échange permanent entre un savoir et des situations vécues auxquelles le savoir se frotte. L’enrichissement est mutuel. Le Père Luc-Thomas Somme a fait écho de l’excellente qualité de la relation entre l’Antenne aveyronnaise et l’Institut de Toulouse. A ce dernier nom, il préfère utiliser le mot université. Car dans cette dénomination, il y a la notion d’universel, signe d’ouverture. Et l’Antenne reflète cette idée d’ouverture à l’Eglise universelle. Les étudiants viennent y quérir une culture tout en apportant leur questionnement, leur histoire. Les exposés faits par les professeurs s’affinent en permanence aux réflexions des participants. Parmi les expressions de ces derniers, il ressort nettement que l’approfondissement de la foi est un besoin grandissant dans le monde d’aujourd’hui. Quelque part, les acteurs des différentes sessions de formation se positionnent dans une démarche se rapprochant à celle des chercheurs de Dieu. Cette approche d’une certaine manière les responsabilisent dans le travail de conservation de la mémoire de l’Eglise.
Jean-Pierre Flak